A lire absolument!!!
Chogan Tomkins file droit devant lui. Aucune envie de retourner là d'où il vient, ni même de s'en souvenir. Sur cette route désertique qui le mène vers une destination indéfinie, il rencontre Britanny, jeune femme sexy qui cherche à lui tirer les vers du nez. La ville suivante, c'est Death or redemption, étrange bourgade de 423 âmes à la population hétéroclite, pas forcément accueillante, mais surtout pas disposée à vous laisser repartir comme ça. Le nom qu'elle porte n'a probablement pas été choisi par hasard...
Après Carème et Deus , Redemption marque la troisième collaboration entre Christophe Bec et Paulo Mottura. Cette fois, c'est pour revisiter, à leur façon, le thème de l'homme sans nom qui joue le rôle de l'étranger arrivant dans une ville, sans nom également, voire fantôme. A leur façon, parce que le personnage et la bourgade ont bien un nom, qui plus est chargés de sens. L'art du pied de nez et de l'appropriation à la fois. Pour le reste, pas de révolution, mais une appropriation et quelques démarcations néanmoins. Notamment cette communauté haute en caractères bigarrés et cosmopolites, apparemment unie pour préserver son unité et son mystère, qui semble une aubaine pour un dessinateur ayant envie de donner une personnalité marquée à ses personnages. Dans cet univers implanté au milieu de nulle part, hormis un hôpital aux allures de manoir (une constante, décidément...) et une façade de snack bar très typée, son scénariste ne lui donne pas l'occasion dans cet album de se « lâcher » pour exécuter les bâtiments monumentaux qui ont contribué à sa réputation. Raison de plus pour se concentrer sur l'essentiel : comparse sexy qui ressemble à l'idéal de la maîtresse selon Chogan, portraits à la limite de la caricature pour souligner des ethnies ou des rôles occupés dans la société, abondance de contre-plongées.
L'intérêt d'Oiseau noir réside dans sa manière de construire son intrigue. Le profil du personnage central n'est a priori pas d'une folle originalité, pas plus que celui de sa supposée complice, tandis que les portes du village isolé (et pour cause...) qui se referme derrière eux avec la connivence d'une bande d'allumés, instrument d'un système plus que rebelles, fait ressurgir quelques bons souvenirs (l'inoubliable Patrick « n°6 » Mc Goohan ou l'Alex Hunter de Strangehaven ). Pourtant, sans s'enliser dans une psychologie superflue ni abuser de la dimension "fantastique", Christophe Bec sait installer une ambiance, placer des zones d'ombre, jouer avec les faux-semblants et tirer sur les ficelles du suspens, en les ménageant au besoin si elles ont déjà servi. En dire plus ce serait tomber dans le travers du pitch tel qu'il est présenté par l'éditeur, qui se résume à un énorme spoiler du... t2 et qu'on vous exhorte à ne pas consulter avant d'ouvrir l'album pour ne pas voir une partie du plaisir gâchée.
Après Carème et Deus , Redemption marque la troisième collaboration entre Christophe Bec et Paulo Mottura. Cette fois, c'est pour revisiter, à leur façon, le thème de l'homme sans nom qui joue le rôle de l'étranger arrivant dans une ville, sans nom également, voire fantôme. A leur façon, parce que le personnage et la bourgade ont bien un nom, qui plus est chargés de sens. L'art du pied de nez et de l'appropriation à la fois. Pour le reste, pas de révolution, mais une appropriation et quelques démarcations néanmoins. Notamment cette communauté haute en caractères bigarrés et cosmopolites, apparemment unie pour préserver son unité et son mystère, qui semble une aubaine pour un dessinateur ayant envie de donner une personnalité marquée à ses personnages. Dans cet univers implanté au milieu de nulle part, hormis un hôpital aux allures de manoir (une constante, décidément...) et une façade de snack bar très typée, son scénariste ne lui donne pas l'occasion dans cet album de se « lâcher » pour exécuter les bâtiments monumentaux qui ont contribué à sa réputation. Raison de plus pour se concentrer sur l'essentiel : comparse sexy qui ressemble à l'idéal de la maîtresse selon Chogan, portraits à la limite de la caricature pour souligner des ethnies ou des rôles occupés dans la société, abondance de contre-plongées.
L'intérêt d'Oiseau noir réside dans sa manière de construire son intrigue. Le profil du personnage central n'est a priori pas d'une folle originalité, pas plus que celui de sa supposée complice, tandis que les portes du village isolé (et pour cause...) qui se referme derrière eux avec la connivence d'une bande d'allumés, instrument d'un système plus que rebelles, fait ressurgir quelques bons souvenirs (l'inoubliable Patrick « n°6 » Mc Goohan ou l'Alex Hunter de Strangehaven ). Pourtant, sans s'enliser dans une psychologie superflue ni abuser de la dimension "fantastique", Christophe Bec sait installer une ambiance, placer des zones d'ombre, jouer avec les faux-semblants et tirer sur les ficelles du suspens, en les ménageant au besoin si elles ont déjà servi. En dire plus ce serait tomber dans le travers du pitch tel qu'il est présenté par l'éditeur, qui se résume à un énorme spoiler du... t2 et qu'on vous exhorte à ne pas consulter avant d'ouvrir l'album pour ne pas voir une partie du plaisir gâchée.
L. Cirade



publié par Dupuis le 03 avril 2009
46 planches
ISBN: 978-2-8001-4389-7
13 euros 50
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